Partager l'article ! Chanson de Jacmel: A la fin du roman on "entend" la dernière partie d'une chanson qui rappelle Le Port d'Amsterdam cher à Brel. Il est bien nor ...
Dans cette colonne figurent les rubriques qui présentent le roman ou le poursuivent, l'augmentent de façon tentaculaire.
A l'origine, Avel était un blog dont le but, outre, à la marge, la présentation du roman, était de faire découvrir la littérature haïtienne et la "matière de Bretagne" dans tous ses états. Ce double objectif, débordé même par quelques articles de réflexion ou d'humeur, aboutit aujourd'hui à la construction de ce nouveau site, centré sur le roman. L'autre partie, l'autre Avel, est toujours visible ici
A la fin du roman on "entend" la dernière partie d'une chanson qui rappelle Le Port d'Amsterdam cher à Brel. Il est bien normal que je mette ici en écoute l'intégralité du morceau, sur l'air bien connu. L'inconvénient, c'est que pour la voix, c'est votre serviteur qui s'y colle. Je ne suis pas un spécialiste du chant, et si quelqu'un(e) est tenté d'en faire une nouvelle version avec plus de justesse et de naturel, elle(il) est la(le) bienvenu(e). Pour ce qui est de la musique, elle a été prise sur version-karaoke.fr .
Il y a un bonus cependant : les bruitages divers de ma fille de 7 mois qui a daigné faire cadeau au père indigne que je suis d'une brève fenêtre de tir. Qu'elle en soit remerciée.
Voici l'oeuvre, en version audio seule:
La voici en vidéo:
Et voici le texte:
Dans les rues de Jacmel
Encore ensommeillées
Y'a des mères qui se lèvent
Et commencent la journée
Préparer le café
Réveiller les enfants
Qui se lavent et s'habillent
Puis trempent leur pain blanc
Et c'est alors dehors
Le ballet multicolore
D'uniformes multiportés
De milliers d'écoliers
Tandis qu'on prépare au logis
Sur le ring quotidien
La lutte contre et pour la vie
Sans rêver à demain
Au soleil de Jacmel
Y'a des jeux de béquilles
Des éclopés pêle-mêle
Des cyclopes à sébille
Des brouettiers pressés
Le temps c'est de l'argent
Des hommes et des poupées
L'argent c'est du bon temps
Y'a des échopelettes
Nécessaire superflu
Où l'on sait ce que c'est
De vivre à flux tendu
Mais à tous les coins d'rue
Y'a des dents sans secrets
Qui savent ce que c'est
De vivre à coeur perdu
Dans les rires de Jacmel
Dans ses yeux fatigués
Cascade l'hydromel
Etincelle la rosée
Que savent recueillir
Des alchimistes en herbe
Des vieux singes du verbe
Chercheurs d'or pieds poudrés
Si la beauté était
Bien cotée à Wall Street
On verrait des pépites
Perler de leurs stylets
Mais les rires de Jacmel
Ne se vendent pas plus
Qu'un vent dous et sensuel
Sorti d'un joli cul
Dans la rue d'l'Avalons
Y'a ses dames qui vallonnent
Devant les yeux des hommes
Leurs rondeurs pour des ronds
Dans la rue de ces dames
Y'a des hommes qui bésiguent (1)
Qui dominot' et briguent
Le trône du macadam
Dans le coeur de ces hommes
Y'a Liména qui frit (2)
Y'a l'amour et l'envie
Y'a le rhum et les larmes
Dans la nuit de Jacmel
Y'a des goss' à la pelle
Qui s'enflamment les ailes
Prêts à rejouer le drame...
(1) Le bésigue, substantif et non verbe en réalité, est un jeu de carte, apparenté à la belotte.
(2) Liména, dans le roman, est une marchande de fritaille, c'est-à-dire une femme qui s'installe au bord de la rue où elle fait frire du cochon et de la banane plantain, voire des tranches de fruit à pain (appelé "lam" en Haïti), qu'elle sert avec du "pikliz", mélange de choux et de de carottes râpés mariné dans du vinaigre et du piment.
Dans cette colonne figurent des rubriques concernant la production littéraire indépendante, notamment celle qui fait de la toile son principal champ de diffusion.